Fiche de document Dossier : Des institutions politiques, sociales, religieuses devant leurs responsabilités dans la construction de la paix. Présentation d’un ensemble de publications.

, Paris, avril 2005

Géopolitique de la paix démocratique. Auteur : Arnaud Blin.

"Les démocraties se font-elles la guerre entre elles ?" Cet ouvrage est le fruit des réflexions du spécialiste des relations internationales Arnaud Blin, qui dirige le Beaumarchais Center (institut de recherche) à Washington, sur le nouvel équilibre des pouvoirs à notre époque.

Mots clefs : La démocratie, facteur de paix | Théories de paix | Chercheurs pour la paix | Elaborer ensemble la mémoire et l’histoire | Apprendre une culture de paix | Europe

Réf. : Auteur: Arnaud Blin. Éditions Descartes & Cie, Paris, 2001.

Langues : français

Type de document :  Ouvrage

Cet ouvrage essaye de retracer les contours de ce qui pourrait être appelé une révolution géostratégique globale. L’auteur veut démontrer que ce changement repose sur la réalité d’un monde où le recours à la guerre, comme instrument de la politique, va décliner progressivement. Ensuite à la constatation de l’existence des espaces géopolitiques pacifiés, zones ou se concentrent la démocratie, la liberté, la puissance et la richesse. À partir de ce contexte, la théorie de la paix démocratique envisage la possibilité d’aborder avec d’autres moyens que les armes les conflits d’origine économique, diplomatique, technologique, culturelle, éthique et religieuse.

Dans ce contexte, l’auteur observe que la paix négative, fondée sur une politique de l’équilibre des puissances, entretenue par la guerre froide, engendre la possibilité d’une paix positive, reposant sur un régime de sécurité démocratique cautionné par l’Amérique. Pourtant si l’Amérique joue un rôle important dans l’établissement d’un régime de sécurité, c’est grâce à l’Europe que la paix peut devenir positive plutôt qu’impériale. En réfléchissant sur l’idée selon laquelle la démocratie engendre la paix et sur le fait que l’avènement de la démocratie s’est accompli au XXe siècle en dépit de trois grands conflits (guerres mondiales et guerre froide) et grâce à eux, l’auteur constate que l’universalisation de l’idéal démocratique entraîne le fait que la démocratie appartient désormais au patrimoine de l’humanité.

Cette homogénéisation géopolitique va modifier le caractère anarchique (basé sur la politique de l’équilibre) des relations internationales et permet l’émergence d’un monde géostratégique qui n’est plus régi par les lois de l’équilibre. La paix repose dorénavant sur la nature, la complémentarité et la solidité des institutions et des régimes politiques.

Dans cette dimension, l’auteur considère la doctrine de la paix démocratique comme un modèle théorique, pratique et comme base structurelle d’un nouveau régime de sécurité. À son avis, ce renouvellement repose sur la conviction que les démocraties ne se font pas la guerre entre elles. La théorie de la paix démocratique, dont les fondements philosophiques remontent à plusieurs siècles, s’appuie sur une solide structure théorique, correspond parfaitement aux idéaux politiques des pays têtes de pont de la démocratie et est bien adaptée à la conjoncture géopolitique générale.

Commentaire

Dans cet essai, l’auteur fournit les moyens pour une profonde compréhension des dynamiques du fonctionnement des relations internationales. À mon avis, la théorie de la paix démocratique repose sur la tendance de tous les idéaux politiques, dans notre cas l’idéal démocratique, à sa préservation. La théorie de la paix démocratique s’appuie sur des convictions longuement "métabolisées" par la civilisation occidentale et qui font partie de son patrimoine. Mais il est pourtant vrai que le modèle démocratique est né au sein de la culture occidentale et qu’il se nourrit des réflexions des penseurs tels que Kant et Rousseau. À partir de la constatation que la démocratie est en expansion depuis sa naissance et en consolidation dans le "monde occidental", il faut quand même noter que la tendance de ce modèle à "se reproduire" engendre des contrastes avec les cultures ne partageant pas les mêmes idéaux moraux et politiques. En d’autres termes, "l’exportation de la démocratie" ne doit pas devenir un synonyme de colonisation culturelle car les défauts de cette vision, aujourd’hui si évidents, empêchent le véritable développement de la démocratie.