Ficha de análisis Dossier : Bâtir un réseau de citoyens soutenant des initiatives locales de construction de paix.

, Bruxelles, enero 2005

La contribution des acteurs de la société civile dans la construction du processus de paix en Irlande du Nord

Les responsables politiques, négociateur ou médiateur, ont besoin de s’appuyer sur les mobilisations citoyennes en faveur du dialogue pour débloquer des situations difficiles. L’engagement de l’ensemble des acteurs est indispensable pour inscrire dans la durée le processus de paix.

Keywords: Responsabilidad social y ejercicio de la ciudadanía | Organizaciones ciudadanas y líderes por la paz | Establecer el diálogo entre actores y coresponsables de la paz | Europa | Irlanda

Le processus de négociation politique en Irlande du nord a été long et difficile.

L’hostilité entre les mouvements politiques opposées, le refus de rencontrer tel protagoniste, le fait de croire nécessaire de tenir son rôle en maintenant un point de vue fermé ou bien d’être considéré comme traître si l’on accepte le dialogue… sont de obstacles qu’ont vécu les négociateurs officiels.

Parallèlement et en interaction avec la voie officielle, des acteurs de la société civile se sont eux-aussi largement impliqués dans le processus de paix par une démarche plus discrète et plus souple.

  • Des médiateurs locaux ont fait le lien entre les différents acteurs politiques pour créer un climat de confiance et montrer que des problématiques sociales et économiques traversaient les deux communautés.

  • De nombreuses initiatives ont visé à développer le dialogue entre les communautés : formations, ateliers de discussion autour des rumeurs propagées, des questions de justice et de droit, d’identité… activités artistiques en commun…

  • Quelques universitaires se sont engagés à travers la création d’un centre d’étude sur les questions liant l’Union Européenne à la situation en Irlande du nord et en invitant les responsables politiques impliqués dans le conflit à participer à des séminaires de recherche sur les processus de réconciliation organisés le plus souvent à l’étranger

  • Une grande enquête a été lancée en 1992 auprès d’un large public de l’ensemble des communautés pour permettre à chacun d’exprimer ses propres propositions en matière d’organisation politique, économique, sociale… Plus de 500 propositions dont beaucoup mettant l’accent sur le côté intercommunautaire ont été collectées

  • Des membres des églises ont développé des contacts avec les parties en conflit, permettant de faire entendre craintes et sensibilités des parties adverses

  • Les acteurs socio-économiques, syndicats, employeurs… se sont impliqués en engageant directement le dialogue ou bien en faisant campagne pour l’arrêt de la violence

Ces engagements citoyens ont parfois été mal perçus par les structures officielles, qui sont peu habituées à fréquenter des mouvements qu’ils perçoivent comme mal définis. Néanmoins, cela a été un atout, malgré la faiblesse de leur moyen : atout parce que ces démarches « parallèles » ont amené à des initiatives officielles, atout parce que ceux sont elles qui ont contribué à briser le mur entre organisations paramilitaires et gouvernements, atout pour les officiels eux mêmes qui pouvaient faire avance les négociations par le biais des acteurs de la société civile sans risquer d’être inquiété politiquement…

Cet investissement mérite d’être reconnu à travers des institutions adéquates comme le Forum civique prévu dans les accords de paix. Le Forum a un rôle à jouer pour préserver les acquis du processus de paix et continuer à promouvoir à long terme la construction du dialogue entre communautés.

Notas

  • Source : Favoriser le dialogue, le cas de l’Irlande du nord de Mari Fitzduff.

  • Dans construire la paix sur le terrain édition GRIP.